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22 janvier 2010 5 22 /01 /janvier /2010 11:41

Gilbert Coquempot interviendra le vendredi 7 mai de 15h30 à 17h00, au foyer Germaine Dumortier, à Saint-Martin-Boulogne, auprès de classes du collège Roger Salengro (classes de Mmes Houilliez et Delnieppe).

Gilbert Coquempot a été déporté au camp de Concentration de Flossenburg.

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Gilbert Coquempot, matricule 48017, rescapé de l'enfer, témoigne (article paru dans La Voix du Nord, 26 avril 2009)

 A 85 ans, Gilbert Coquempot a décidé de publier son histoire, «pour les jeunes générations».

A 85 ans, Gilbert Coquempot a décidé de publier son histoire, «pour les jeunes générations».

|  JOURNEE DE LA DÉPORTATION |

Ce matin, Gilbert Coquempot se recueillera à Condette en souvenir de ses camarades morts en déportation. À 85 ans, le Condettois s'est décidé à publier son calvaire dans le camp de concentration de Flossenbürg. Un témoignage bouleversant.

 

Il se déplace difficilement. Le dos voûté. Son corps supplicié le fait toujours souffrir. « Ma colonne vertébrale a diminué de 5 cm », dit-il simplement. Cinq centimètres ! Cinq vertèbres dorsales cassées à coups de bâton, de manches de pioche, de crosses de fusil !

Paralysé deux ans à Berck, 10 ans passés ensuite à vivre couché dans une coquille après son retour à la vie. A 85 ans, Gilbert Coquempot est un rescapé de l'horreur. Une lente descente aux enfers qu'il raconte aujourd'hui dans un livre qui devrait figurer dans tous les collèges et lycées du Boulonnais.

Il a 19 ans lorsque la Gestapo l'arrête, alors qu'il répète avec l'harmonie municipale dont il est clarinettiste. Membre d'un réseau de résistance, il est interpellé sur dénonciation avec d'autres Boulonnais qui, comme lui, refusaient d'admettre la débâcle de l'armée française et l'occupation. La Gestapo à Boulogne puis la sinistre prison de Loos, la prison disciplinaire d'Ebrach en Allemagne, sont les étapes de son chemin de croix. Interrogatoires, coups, privation de nourriture et de liberté bien sûr. Il n'a pas 20 ans, et il est déjà condamné à mort ! Mais tout cela, finalement, n'est rien à côté de ce qui l'attend. Car il plonge littéralement dans l'enfer lorsqu'il débarque, en décembre 1944, au camp de concentration de Flossenbürg.

A ce stade-là de son récit, on ne comprend toujours pas comment des hommes ont pu vivre cette horreur-là. « Pourquoi je n'y suis pas resté ? Pourquoi eux sont morts et pas moi ? » Aujourd'hui encore, Gilbert Coquempot n'a pas les réponses à ces questions. Son regard se trouble à l'évocation de ses camarades de châlit (quatre à dormir sur une planche de bois de 70 cm de large), son ami Raymond Beaudelet de Neufchâtel, ses camarades Paul et Philippe qui lui sauveront la vie et qui sont restés là-bas ou morts peu de temps après la fin de leur calvaire.

« L'espérance de vie dans un camp n'était que de quelques mois. » Deux chiffres résument cette mécanique infernale : 93 000 déportés à Flossenbürg, 87 000 morts. « La mort était partout. Elle était notre quotidien ». Quand le camp enfin est bombardé par les Américains, les déportés sont soulagés de voir les obus tomber...

Dans sa jolie maison de Condette, Gilbert Coquempot n'est pas seul avec ses souvenirs. Sa douce femme Madeleine l'assiste au quotidien. « Ses cauchemars ont duré 12 ans. » Douze ans pendant lesquels, chaque nuit ou presque, elle se levait et le réveillait pour ne pas le laisser seul face à ses démons du passé.

 

Dites adieu à votre fils, de Gilbert Coquempot. Préface de Guy Bataille. Éditions Thélès. 22 euros

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Published by Sébastien Chochois - dans La vie de l'association
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