Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Le blog des Amis du Patrimoine Saint-Martinois
  • : Ce blog a pour but de mieux faire connaître les activités de l'association des Amis du Patrimoine Saint-Martinois. Il permet également de mieux connaître l'histoire de Saint-Martin-Boulogne
  • Contact

Recherche

Archives

8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 10:55

Bédouatre 1

Près de la route de Boulogne à La Capelle, sur la droite, s’étend dans un lit de verdure, Bédouâtre au fond d’un très beau vallon.

Du petit château, qui portait sur ses ancrages 1626, il ne reste rien. Celui-ci a été démoli en 1902. Il existe encore aujourd’hui la ferme ancienne. Cette demeure seigneuriale n’était pas sérieusement fortifiée, mais comme la plupart de nos manoirs du Boulonnais, elle était disposée pour résister à un coup de main. Pour cela, elle possédait un fossé et un pont accédant à la cour d’honneur. Le chanoine Haigneré nous dit qu’il y avait à Bédouâtre une chapelle, sous les invocations des saints Jacques la Majeur et Jacques le Mineur, fondée par la demoiselle Jacqueline de Roussel, en 1670.

Il reste la ferme, formant une première enceinte. Au milieu du corps de logis, s’élève une tour rectangulaire en grès. Au rez-de-chaussée, un arc en plein centre occupe toute la largueur de la tour : c’est l’ancienne porte d’entrée de la basse-cour, aujourd’hui aveuglée. Au-dessus, la fenêtre carrée à moulures ; plus haut, fenêtre centrée avec archivolte en accolade et acrotère, et tablette d’appui reposant sur deux corbeaux.

La face de cette tour donnant sur la pâture (c’est celle que l’on voit le mieux en venant de Saint-Martin), porte au claveau de la grande arcade, un écusson à une face chargée de la date 1656. La fenêtre du premier étage est rectangulaire, à meneau horizontal de pierre et trois barres de fer verticales. Au deuxième étage, deux petites fenêtres en anse de panier accolées sous une archivolte unique, en accolade. A la clef, l’écu aux trois boules du comte de Boulogne, sensées représenter chacune une hauteur du Boulonnais : les monts de Pihen, Herquelingues et Quéhen.

Sur le côté droit, on peut voir la tourelle carrée de l’escalier, accolée à la tour et éclairée sur une face par deux archères, et sur l’autre par une seule. Ces archères sont percées dans une seule pierre ; leur fente comporte deux élargissements horizontaux, en haut et en bas, et un troisième, circulaire, au milieu.

En somme, ce pavillon rectangulaire ressemble fort à celui du manoir de Beaurepaire-lez-Lille, en Artois, décrit par M. de Loisne dans les Mémoires de la Commission (Tome II Page 5)

 

Bédouatre 5

Un peu d’histoire...

Si l’on remonte à la fin du XIIIe siècle, il est fait mention, dans le terrier de Beaulieu (1286), du Seigneur Gilles de Biedwater. En 1392, la ferme seigneuriale est appelée Bedewatre dans les comptes des aides de Berry. Au XVème siècle, J. Scotté cite un certain Laurent Barrau, escuyer, seigneur de Bede-watre. Ernoult Marsot, escuier, seigneur de Bédouâtre est repris également (Notes Jean Le Cat d’après les Archives de M. du Soulier), puis Jehan Marsot, escuyer, seigneur de Bedewatre, Questinghen (1458), cité par Deseille.

A partir de 1460, s’installe, pour trois siècles la famille de Roussel : Robert Roussel, châtelain de Boulogne (1460), Jacques Roussel, escuyer seigneur de Bédouâtre et Wirwigne (1488), Jehan Roussel, seigneur de Bédouâtre en 1505 et 1516, Claude Roussel, demoiselle de Marcqués et de Bédouâtre en 1524... Bédouâtre était tenu en deux fiefs et les Roussel paraissent n’en avoir possédé qu’un, car on trouve Jean de Bournonville, Baron de Baincthun, seigneur de Bédouâtre, vers 1520, dont hérita Jeanne, sa sœur, femme de François Hodicq, chevalier seigneur de Courteville. Jeanne de Hodicq, dame de Bédouâtre, épousa en 1551 Oudart Roussel, escuyer, seigneur de la Cauchie, réunissant entre ses mains la totalité des terres de Bédouâtre (cf. E. de Rosny).

En 1757, Bédouâtre passa des Roussel aux Tutil de Guémy (une dispense de bans est faite en février 1757 entre sieur Tutil de Guémy et demoiselle Roussel de Bédouâtre. Le domaine fut vendu par Mme Edmond Connely, née Caroline Tutil de Guémy, à Charles Louis Désiré Abot de Bazinghen, le 11 novembre 1843 ; et revendue par M. et Mlle Le Guern, enfants de Marie Theudosie Emilie Abot de Bazinghen, dernière du nom, à M. et Mme Robert de Rosny, le 9 juin 1900.

 

Bédouatre 4

 

Sources :

Haigneré (Abbé), Dictionnaire historique et archéologique du département du Pas-de-Calais, Arrondissement de Boulogne, Tome II, article Bédouâtre.

Partager cet article

Repost 0
Published by Sébastien Chochois - dans Lieux-dits
commenter cet article

commentaires