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15 avril 2010 4 15 /04 /avril /2010 09:21

Il y avait beaucoup de monde, ce mercredi 14 avril, pour venir écouter René Lesage.

René Lesage, membre fondateur du Comité d'Histoire du Haut Pays, membre des Amis du Patrimoine Saint-Martinois et du Cercle d'Etudes en Pays Boulonnais, a retracé avec passion les heures glorieuses et douloureuses de la Résistance dans le Boulonnais.

 

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En préambule, René Lesage indique que la Résistance est une mémoire entretenue, par de nombreux lieux (places, rues, etc), par les historiens (Guy Bataille, "qui a fait un travail de pionnier", André-Georges Vasseur, "dont les ouvrages sur la reprise de Boulogne-sur-Mer, Boulogne jusqu'au dernier, et L'espion qui venait du nord, retraçant l'action d'Abel Lombard, sont des sources inépuissables", par les étudiants de l'Université du Littoral, "Audrey Dédelot, Arnaud Batté et Sébastien Chochois ont fait du bon travail", par le regretté Lucien Vasseur). René Lesage ne manque pas de rappeler les témoignages d'Albert Mac Kenna et de Gilbert Coquempot.

L'intervenant commence par donner une définition de la Résistance, "qui fait suite à l'appel du 18 juin, "même si beaucoup ne l'ont entendu que plusieurs jours après". Mais cet appel semble être assez vite connu. "La Résistance est d'abord celle au régime de Pétain, qui s'engage dans la Collaboration".

La résistance apparait comme un combat multiforme : elle présente des aspects militaires, politiques, humanitaires et passifs.

René Lesage précise que Résister dans le Boulonnais, "c'est résister dans une région particulière". C'est le territoire le plus surveillé. L'occupation y est très lourde et très dense. "Nous sommes sur le front de guerre. C'est donc un lieu sensible pour le renseignement. Nous sommes dans la zone rouge". On assiste à des actes de résistance précoce, avec la campagne des "V", qui donne lieu à des arrestations.

Le Boulonnais est également une région martyre. Les bombardements y ont été très lourds. "On compte plus de 1 100 victimes". A cet égard, Le Portel est une ville symbole, puisque complétement rasée. En septembre 1943, les Alliés bombardent Le Portel. Tout doit laisser à penser que le débarquement aurait lieu sur sa plage.

 

La Résistance s'organise assez rapidement dans le Boulonnais. En juin 1941, le journal Patrie est diffusée. Mais c'est l'OCM (Organisation Civile et Militaire) qui va structurer le Pas-de-Calais. "L'OCM, c'est une action politique et militaire". Sa principale mission est le renseignement. Ses agents font des relevés précis des installations allemandes. "Les Allemands sont très surpris lorsqu'ils découvriront la précision des plans et que même les noms des officiers étaient connus".

L'Histoire de Libération Nord est moins connue. Mais, ses agents sont restés célèbres dans le Boulonnais : Henri Henneguelle, Jeannil Dumortier... Henri Henneguelle a dirigé Libé Nord, au niveau régional. Il n'était plus sur le Boulonnais, "car rapidement il était grillé (recherché)". Libé Nord apparaît à la fin de la guerre comme l'organisation la mieux structurée.

La Résistance doit affronter une presse déchaînée contre les "terroristes". René Lesage rappelle l'assassinat, dans sa résidence du Petit Caporal, par trois FTP, du groupe Allan, à Saint-Léonard, d'Henry Gross rédacteur en chef du Télégramme, principal journal d'information dans le Boulonnais, qui a rapidement sombré dans la collaboration. "Son rôle était aussi néfaste que Radio Paris".

Le 5 septembre 1943, un comité de coordination se met en place. Il est présidé par Masselis. Mais ce comité ne se réunit que quelques fois, car il est très souvent décimé. René Lesage évoque également, ce qui est convenu d'appeler l'Affaire Farjon. En 1943, Roland Farjon (fils de Roger Farjon, ancien maire de Boulogne, qui avait failli devenir Président de la République). Roland Farjon est arrêté chez lui à Paris. Les Allemands auraient trouvé chez lui des listes de résistants, ce qui aurait permis de démenteler la Résistance.

 

La conférence se termine par l'intégration des résistance dans la dévolution du pouvoir, avec la mise en place des Comité Local de Libération. A Saint-Martin-Boulogne, Jeannil Dumortier prend la direction du CLL. "C'est le début d'une carrière politique, connue par beaucoup ici".

La libération et l'immédiat après guerre, est également une période d'épuration. A Samer, une institutrice a été jugée par avoir dénoncé Coustes, son directeur d'école. Coustes est mort en déportation.

L'épuration aura à connaître des débordements. Elle sera d'autant plus dure qu'elle a été faite par des résistants de la dernière heure, parfois même par ceux qui n'étaient pas exempts de tous reproches.

 

Au final, Combien de Résistants ? René Lesage évoque le chiffre de 700 personnes (pour des actes de résistance au sens large), soit 1 % de la population de plus de 20 ans sur le Boulonnais. C'est peu, mais il rappelle, qu'ici, résister était peut-être bien plus dure qu'ailleurs. "On dit souvent que Lyon était la capitale de la Résistance. Mais, sans remettre en cause la résistance en zone non occupée, dans la zone occupée, cela était bien plus difficile. Lille pourrait également portait le nom de capitale de la résistance !".

La collaboration, sur le Boulonnais, est très minoritaire. "C'est moins de 1 %".

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Published by Sébastien Chochois - dans La vie de l'association
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